Par Michel Rossignol
Après son arrivée à Ottawa au début des années 1930, Yousuf Karsh a rencontré les plus célèbres photographes de la ville à cette époque comme William Topley et J.-A. Castonguay. Castonguay a même profité de sa rencontre avec Karsh en juin 1933 pour faire plusieurs portraits du futur célèbre portraitiste. À ses débuts, Karsh avait un studio sur la rue Sparks avant de déménager au Château Laurier quelques années plus tard, mais dans les années 1930, Castonguay était le doyen des photographes de la Basse-Ville.

photo de Yousuf Karsh peu de temps après son arrivée à Ottawa.
Photo: J.-A. Castonguay/Karsh/BAC e010678720
In June 1933, the photographer J.-A. Castonguay took this photo
of Yousuf Karsh who had recently arrived in Ottawa: J.-A.
Castonguay/Karsh/LAC e010678720
Entre 1860 et 1900, Topley et plusieurs autres photographes ont ouvert des studios sur la rue Sparks dans l’espoir d’attirer la clientèle des parlementaires sur la Colline du Parlement. D’autres ont choisi des emplacements sur la rue Rideau et la promenade Sussex dans la Basse-Ville pour la même raison. Certains photographes n’ont pas connu le succès espéré et ont fermé leurs studios. D’autres ont réussi à se tailler une place de choix dans le palmarès des photographes professionnels entre 1900 et 1950. John G. Topley, le frère de William, était un de ceux qui avaient un studio dans la Basse-Ville dans les années 1920 et 1930. Son studio était au 164 de la rue Rideau alors que celui de William Charron, qui a notamment pris des photos du feu de 1916 à l’édifice du Parlement, était de l’autre côté de la rue au 155 Rideau près de Dalhousie.
Celui qui a peut-être connu le plus de succès fut Jules-Alexandre Castonguay. Il a eu des studios sur la rue Murray et la promenade Sussex avant de déménager au 331 de la rue Dalhousie où il a travaillé pendant plusieurs décennies avant de prendre sa « retraite » en 1949. Castonguay est né à Vaudreuil, Québec, en 1877 et peu de temps après son arrivée dans la région d’Ottawa vers 1901, il a découvert qu’il pouvait faire de l’argent en prenant des photos, même s’il n’avait jamais pris de cours de photographie. De plus en plus de parlementaires, ainsi que de nombreux résidents de la Basse-Ville, lui ont fait confiance de sorte que Bibliothèque et Archives Canada conserve aujourd’hui des milliers de ses photos. Castonguay a aussi pris des photos d’évènements et de lieux dans la Basse-Ville qui, comme celles de Champlain Marcil et Michel Lafleur qui ont marché sur ses traces, sont de précieux souvenirs de l’histoire de notre communauté.
