Par Hélène Beauchamp

MATH – initiales des prénoms de notre
famille Monique, Michel, Aurèle,
André, Thérèse, Hélène
L’immeuble du 326-328 Saint-Andrew a été construit sur la partie « P » du lot « Villa numéro 4 » selon le plan de l’arpenteur William Ryan Thistle (1868). Les premiers propriétaires du terrain, W. Germain et H. Lapierre, le vendent à Thomas Paquette en 1878 qui y construit l’épicerie et les logements locatifs, bâtiment qu’Edmond Beauchamp, mon grand-père, achète le 18 juillet 1925. À cette époque, il faut nourrir des projets audacieux dans une ville où le gouvernement est le plus gros employeur. Le sens de la communauté s’est bien développé dans la paroisse Sainte-Anne où il est possible, pour un homme entreprenant comme lui, de prospérer. C’est donc un choix stratégique.
L’édifice est de brique, bien situé à l’angle des deux rues, combinant magasin et résidence. Le bâtiment principal est sur deux étages avec un toit en pente prononcée qui laisse supposer un grenier. Sur Saint-Andrew, la porte du 328 donne accès à des logements au rez-de-chaussée et à l’étage. L’entrée de l’épicerie au 326, coupée de biais sur le coin, est typique des années 1870. Au 3 rue McGee, on détecte un bâtiment secondaire d’un étage et demi, et encore un dernier espace. Plus loin, une clôture laisse deviner une cour arrière, où se trouve une écurie.

Aurèle épouse Thérèse Bouvrette le 14 juillet 1940. Déjà propriétaires de deux duplex au 65 et 69 rue Bolton, ils acquièrent le bâtiment de la rue Saint-Andrew le 24 avril 1944. Ils démoliront l’ensemble et le reconstruiront à neuf, sur le même emplacement, et en conservant les mêmes fonctions : épicerie et logements locatifs.
Les effets de la Seconde Guerre mondiale se feront-ils sentir sur l’approvisionnement en matériaux et en appareils électroménagers? L’entrepreneur A. Aubry est compétent et leurs fournisseurs sont fiables : la construction va bon train et se termine comme prévu. Le 11 avril 1947, un vendredi, Aurèle publie dans Le Droit une demi-page d’annonce célébrant l’ouverture du « Groceteria Aurèle Beauchamp ». (photo 2) C’est l’aboutissement d’une période très intense. Les appartements 1 et 2 du 328 sont mis en location, les propriétaires habiteront l’appartement 3 au-dessus du magasin et deux garages seront ajoutés sur McGee.
En 1954, Aurèle lancera la construction adjacente du 330 St-Andrew où le couple emménage avec ses quatre enfants. Aurèle Beauchamp choisit enfin de transformer l’espace des deux garages de la rue McGee en deux appartements, qui sont aussitôt loués.
L’épicerie et les 5 logements seront expropriés en 1968, et démolis en 1974.
