2020 11-2 April Heritage

l’épidémie de 1918 flu epidemic

By Michel Rossignal
In 1918, volunteer seamstresses, including members of the Canadian Club, made items for hospitals. En 1918, des couturières bénévoles, dont les membres du Canadian Club, ont fabriqué des accessoires pour les hôpitaux. William James Topley/LAC/BAC /PA-800006

La Basse-Ville et l’épidémie de 1918

En 1918, plusieurs quartiers d’Ottawa, notamment la Basse-Ville, ont été durement éprouvés par l’épidémie de la grippe espagnole qui a tué des millions de personnes à travers le monde. De 1914 à 1918, plus de 60 000 soldats canadiens ont été tués pendant la Première Guerre mondiale, mais le Canada a perdu plus de 50 000 citoyens en une seule année à cause de l’épidémie.

Après la première vague de grippe au printemps de 1918, la seconde vague a frappé Ottawa de septembre jusqu’au début novembre. Parmi les milliers de personnes qui sont tombées malades dans cette ville, plus de 500 sont décédées. On a remarqué que les quartiers ouvriers autour des gares de train ont été le plus durement éprouvés, notamment ceux autour de la gare de la rue McTaggart (aujourd’hui la route parallèle à la rue Boteler qui relie le pont Macdonald-Cartier à l’avenue King Edward). En effet, de tous les quartiers d’Ottawa, c’est dans la Basse-Ville qu’il y a eu le plus de morts à cause de la grippe espagnole.

À l’Hôpital général d’Ottawa sur la rue Water (aujourd’hui Bruyère) au coin de Sussex, les Sœurs Grises de la Croix ont soigné plus de 500 contagieux. Dans son livre publié en 1921, L’Hôpital public d’Ottawa (rue Water), Jules Tremblay dit qu’il y avait des lits avec des malades partout dans l’hôpital pendant l’épidémie. L’Hôpital protestante (aujourd’hui Wallis House) sur la rue Rideau et le petit hôpital sur l’Île Porter ont sans doute connu le même problème. À cause du nombre croissant de malades dans les hôpitaux, ainsi que dans les hôpitaux d’urgence créés ici et là dans la ville, les autorités de la santé publique ont décidé le 4 octobre 1918 de fermer pour quelques semaines tous les écoles, théâtres, cinémas et lieux de culte pour limiter la propagation.

Comme en 2020, les gens de la communauté se sont mobilisés pour aider les malades. Par exemple, Lillian Freiman, l’épouse de A. J. Freiman, propriétaire du magasin (aujourd’hui la Baie) sur la rue Rideau, a coordonné les efforts pour aider les familles des malades. Plusieurs femmes se sont portées volontaires pour donner des soins aux malades encore à la maison. Des groupes de couturières bénévoles ont fabriqué des blouses et autres accessoires médicaux pour les hôpitaux.

Après l’épidémie, les deux principaux hôpitaux dans la Basse-Ville n’ont pas connu le même sort. L’épidémie a convaincu le Maire Fisher d’Ottawa qu’il fallait construire un nouvel hôpital loin de ce qui était alors le centre-ville. Lorsqu’on a terminé en 1923 la construction de l’Hôpital civique sur l’Avenue Carling, on a fermé l’Hôpital protestante. À l’Hôpital général, les Sœurs Grises ont vite proposé la construction d’une nouvelle aile et ont contribué la moitié des fonds nécessaires. En décembre 1920, on a lancé une levée de fonds publique pour payer l’autre moitié des coûts de l’édifice construit dans les années 1930.

Lowertown and the 1918 epidemic

In 1918, many Ottawa neighbourhoods, notably Lowertown, suffered the full impact of the Spanish Flu epidemic which killed millions of persons around the world. Between 1914 and 1918, over 60,000 Canadian soldiers were killed during the First World War, but Canada lost more than 50,000 citizens in just one year because of the epidemic.

After the first wave during the spring of 1918, Ottawa was hit by the second wave between September and early November. Thousands of this city’s citizens became ill and over 500 of them died. It was noted that working class neighbourhoods near railway yards suffered many deaths, notably the areas around the railway yard on McTaggart Street (today the road parallel to Boteler Street which links King Edward Avenue to the Macdonald-Cartier Bridge). Indeed, compared to other Ottawa neighbourhoods, Lowertown suffered the highest number of deaths due to the Spanish Flu.

Over 500 contagious patients were treated by the Grey Nuns of the Cross at the Ottawa General Hospital on Water (now Bruyère) Street at the corner of Sussex. In his book published in 1921, L’Hôpital public d’Ottawa (rue Water), Jules Tremblay stated that during the epidemic, there were beds with patients in every nook and cranny of the hospital. The Protestant Hospital (now Wallis House) on Rideau Street and the small hospital on Porter’s Island no doubt experienced a similar situation. Because of the growing number of patients in the hospitals and in the emergency hospitals set up here and there across the city, public health officials decided on October 4, 1918, to close schools, theatres, cinemas, and places of worship for a few weeks to limit the spread of the flu.

As in 2020, members of the community rallied to help the sick. For example, Lillian Freiman, wife of A.J. Freiman, owner of the store (now The Bay) on Rideau Street, coordinated relief efforts to help families of the sick. Many women volunteered to provide care to sick persons confined to their homes. Groups of volunteer seamstresses produced gowns and other supplies for the hospitals.

After the epidemic, the two main hospitals in Lowertown did not share the same fate. The epidemic convinced Mayor Fisher of Ottawa that the city needed a new hospital far from what was then the downtown area. When construction of the Civic Hospital on Carling Avenue was completed in 1923, the Protestant Hospital was closed. Meanwhile, at the General Hospital, the Grey Nuns quickly set in motion plans to build a new hospital wing and contributed half of the funds needed for construction. In December 1920, a public campaign was launched to raise funds to cover the remaining half of the costs of the new building which was built in the 1930s.