2023 14-5 November Heritage Issue Number

Récit – la Famille de Philippe Watier et Jeannine (née Fournier)

Par Clare Watier

De 1948 à 1966, on habitait au 113 rue St-André. C’était un logement qui appartenait à ma grand-mère Watier, qui habitait au 117. Philippe a donc connu Jeannine, qui habitait au 112 depuis sa tendre enfance! Maman aimait lire, assise sur le balcon avant, et papa pratiquait sa trompette du haut de la verrière faisant face au 112! Le 1er juillet 1947, au milieu des célébrations de l’anniversaire de la Confédération du Canada, parmi tambours et trompettes et feux d’artifice, Philippe épouse Jeannine.

Mes parents aimaient recevoir, chanter, danser. Papa jouait de la trompette, surtout avec la sourdine. La musique était toujours présente : classique, jazz, etc. Au salon, on avait un tourne-disque, et dans la cuisine, on avait une radio allumée toute la journée et souvent accompagnée de maman qui chantait. La cuisine était l’endroit pour célébrer chaque anniversaire autour d’un gâteau partagé avec les cousins et cousines.

Les grands-parents Fournier habitaient en face et les grands-parents Watier à côté! Donc facile pour nous de les croiser. On ne devait pas y aller à moins d’y être invité. Cependant, j’ai quelques fois enfreint cette règle! J’aimais aller entendre grand-maman Béatrice Watier jouer au piano. 

Jusque dans les années 1960, le calendrier tournait autour de l’école (Duhamel, Routhier et Guigues) et de la Cathédrale Notre-Dame. À l’école, il n’y avait pas d’autres installations, pas de gazon ni verdure. Sur la route vers l’école, on jouait aux billes et on léchait la vitrine de bonbons chez Pageau sur la rue Dalhousie. 

Les jours d’école étaient entrecoupés par les visites à l’Église : messes, première communion, confirmations, confessions, processions, carêmes, Pâques, et j’en passe! Pour ma part, j’ai toujours aimé aller à l’Église pour l’odeur, le décor grandiose, l’encens, l’orgue, les chœurs de chants. Aussi, c’était l’occasion de voir les voisins (pas seulement les filles). Mes trois frères étaient des « enfants de chœur », et quelle fierté de les voir faire la procession de la Fête-Dieu ou du jour de Marie!

Le plus beau jour était bien sûr Noël, avec la messe de minuit. Il fallait réserver tôt pour y avoir accès. Ah, combien de souvenirs chaleureux liés à Noël, particulièrement la tournée chez les oncles et les tantes à tour de rôle! Entre les rues St-André, Clarence et Cathcart, on allait à pied chez l’une ou l’autre des familles, toujours accueillis avec embrassades et victuailles. 

Outre l’école et l’Église, peu de temps de loisir! Les trois gars (Pierre, Roger et Richard) s’amusaient ensemble. Moi, dès sa naissance en 1957, j’ai bien pris soin de ma petite sœur Lucie. J’aimais la photographier, l’amener partout avec moi. 

À la maison, on avait aussi d’autres activités plus rigolotes comme : bolo, yoyo, corde à danser, et en grandissant, les jeux de cartes et autres jeux de sociétés. Durant l’hiver, une activité prisée était la visite du Château de glace au parc Lansdowne et le patin au carré Cathcart. Durant l’été, c’était la foire Ottawa-EX, car on avait droit à une sortie pour les manèges et à la barbe à papa! 

C’est dans les années 1960 que la Basse-ville se vide de nos familles. La modernité des nouvelles maisons nous attire hors du centre-ville. Sans la Basse-ville, pas de voisinage de nos familles! Nous avons organisé des fêtes familiales qui, tranquillement, se sont éclipsées. Cependant, encore aujourd’hui chaque rencontre est épatante!