Par Catherine Mageau Walker, coordonnatrice de projets spéciaux, Centre de ressources communautaires de la Basse-Ville
Le paysage urbain d’Ottawa est en constante évolution. Parfois, il me semble même que les grues soient devenues des installations permanentes – mais il suffit de cligner des yeux pour constater qu’elles se sont déplacées de quelques rues.
L’accueil de nouveaux développements résidentiels exige une réflexion approfondie sur les effets sociaux et communautaires, qu’ils soient prévus ou imprévus, sur le quartier. À mon avis, il y a plus de questions en suspens que de réponses qui atterrissent. Peut-être qu’en les regroupant ici, nous pourrons créer un espace de réflexion collective sur les implications plus vastes de la présence d’un plus grand nombre d’humains dans cet espace déjà dense qu’est la Basse-Ville…
Quels seront les impacts sur le profil démographique du quartier en termes d’âge, de mixité ethnique et socio-économique et de composition des ménages ?
- La base imposable sera plus importante.
- Les infrastructures existantes seront davantage sollicitées. Y aura-t-il également un accroissement des investissements dans les infrastructures du quartier ?
- Avec plus de résidents, il y aura une augmentation des dépenses dans les entreprises locales. Quels types d’entreprises en bénéficieront ? Quel sera l’impact sur les entreprises et les commerces desservant les résidents moins favorisés? Les tours de condos pourraient-elles constituer une nouvelle forme de gentrification (soit “condofication”), contribuant ainsi aux divisions économiques ?
- Quel sera l’impact sur le calcul du revenu moyen ? Y aura-t-il une augmentation des disparités de revenus ? Nous pourrions conclure que les conditions des résidents s’améliorent en raison de l’augmentation du revenu moyen des ménages, mais le nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté pourrait ne pas changer.
- Quel sera l’effet sur la cohésion sociale ? Comment contribuer à créer et à favoriser un sentiment d’appartenance chez ces nouveaux résidents ? Il est important de les accueillir et de leur raconter l’histoire du quartier ainsi que ses réalités actuelles.
- Avec plus de résidents, il pourrait y avoir une augmentation de personnes qui s’impliquent dans la Basse-Ville. Peut-être que davantage de gens demanderont de véritables solutions plutôt que des mesures qui marginaliseraient encore plus ceux qui sont déjà confrontés à des défis ?
Le temps apportera des réponses à certaines de ces questions. Au Centre, nous nous préoccupons d’améliorer la qualité de vie de TOUS les habitants de la Basse-Ville, en mettant particulièrement l’accent sur ceux confrontés à des inégalités. Les changements démographiques entraînent des modifications dans les besoins ; nous les anticiperons soigneusement en ce qui concerne les impacts, afin de pouvoir réagir en conséquence. C’est un engagement profond de notre équipe.

