Par Lilou Audry
C’est bien connu : Ottawa est une ville fleurie, tant grâce à la municipalité qui plante chaque année des milliers de fleurs que grâce aux efforts personnels des habitants. Vous avez sûrement remarqué, en vous promenant dans les rues résidentielles de la Basse-Ville, la richesse des nombreux jardins qui ornent les maisons et les immeubles du quartier. Lilas, jonquilles, hyacinthes, pivoines, anémones, tulipes frangées ; pommetiers et magnolias en fleurs… Alors que le très renommé Festival des tulipes bat son plein au Parc des Commissionnaires, rencontre avec une des jardiniers du dimanche qui font de la Basse-Ville un des quartiers les plus agréables à vivre au printemps.

Le jardin du 524 Clarence, qui fait l’angle de Clarence et Wurtemburg, est sans conteste l’un des plus attrayants du quartier. Avec son pommetier rempli de belles fleurs rose foncé, ses grandes tulipes rouges et mauves, ses jonquilles bicolores et son petit banc en pierre, impossible de passer à côté sans s’arrêter pour l’admirer. C’est en emménageant à cette adresse qu’Isabelle C. a appris à jardiner : ayant visité et acheté la maison en hiver, elle ne savait pas que des dizaines de fleurs et d’arbustes ornaient la propriété. Lors de son premier printemps rue Clarence, Isabelle est éblouie par la beauté du jardin aménagé par les anciens propriétaires : « c’était l’amour au premier regard. Dès que j’ai vu ce jardin, j’ai su qu’il fallait que je m’en occupe. Pour moi, c’était une évidence ».

Au fil des années, Isabelle se familiarise avec le jardinage dans le but de sauvegarder l’espace vert. Elle emprunte les mêmes méthodes que son prédécesseur – son jardin est entièrement biologique, et est composé uniquement de vivaces. L’entretenir est un défi quotidien : « il y a beaucoup d’inattendus. Chaque jour est différent, chaque semaine est différente. On ne contrôle pas son jardin, il a une vie à lui tout seul ».
Pour Isabelle, jardiner permet de gagner une proximité privilégiée avec la nature, non seulement avec les plantes mais aussi avec les animaux attirés par les arbres et les fleurs, comme les oiseaux et les bourdons. C’est aussi un bon moyen de tisser des relations avec ses voisins : « beaucoup de gens du quartier viennent complimenter le jardin, ou me dire qu’il a un effet sur eux. Il leur rappelle des souvenirs – certains avaient un jardin et n’en ont plus, d’autres replongent en enfance grâce à une fleur. Certains passants sont curieux et me questionnent sur les plantes ». Le jardin est un espace fédérateur qui nous pousse à échanger avec les autres habitants de notre quartier. Qu’il s’agisse d’un grand espace vert ou de quelques fleurs dans une jardinière, les jardins rendent la ville plus agréable à tous ses habitants et permettent de sympathiser avec des personnes qui partagent l’amour des fleurs, de la nature et de la beauté. Alors, qu’attendez-vous pour vous y mettre ?
D’autres beaux jardins à ne pas louper dans la Basse-Ville :
- Les parterres fleuris des appartements Watergate, au 211 Wurtemburg. Il est possible d’en faire le tour pour admirer les différentes variétés, toujours très colorées.
- Le jardin du 1 Rockwood. Des arbustes colorés y côtoient plusieurs variétés de fleurs et l’ensemble, très bien agencé, est particulièrement agréable à admirer.
- Le grand jardin du 61 avenue Guigues (à l’angle de l’avenue Parent), orné de plusieurs arbres – dont un superbe magnolia – et d’une centaine de fleurs très colorées.
- Le beau lilas et le « jardin des fées » du 25 Rockwood, avec ses minuscules maisons installées au milieu du jardin qui semblent être celles de créatures magiques.


