Par Michel Rossignol

L ‘industrie du taxi à Ottawa a connu bien des bouleversements depuis plus d’un siècle et la Basse-Ville en a été témoin.
Dans les années 1800, les taxis étaient des voitures tirées par des chevaux. La plupart de ces voitures étaient des cabriolets avec un toit mobile en matériel que l’on pouvait abaisser quand il faisait beau, comme sur les automobiles modernes avec une carrosserie cabriolet.
En langue anglaise, on appelait les hommes qui conduisaient ces cabriolets les cab men, c’est-à-dire les hommes des cabriolets, car au lieu de cabriolet, on disait simplement le mot cab qui est devenu en Anglais un autre mot pour taxi.
Dans les années 1890, il y avait ici et là dans les rues d’Ottawa des endroits où les hommes des cabriolets pouvaient garer leurs voitures pour se reposer et attendre les clients. Une photo de 1893 dans la collection de Bibliothèque et Archives Canada montre une station de taxis (cab men’s rest) à l’intersection des rues George et Sussex. C’était un bon endroit car il y avait tout près un maréchal-ferrant (pour ferrer les chevaux,), N.J. Sévigny, au 37 de la rue George.
Dans les années 1920, les automobiles étaient de plus en plus populaires, mais il y avait encore quelques taxis tirés par des chevaux. D’ailleurs, l’artiste peintre canadienne Kathleen Moir Morris, qui a demeuré à Ottawa de 1922 à 1929, a fait quelques tableaux dans le Marché By.
Dans les années 1890, la Ville d’Ottawa a fixé les tarifs des taxis à 75 cents pour la première heure pour une voiture avec un cheval et un dollar pour une voiture à deux chevaux.

Un tableau de 1924 dans la collection de Bibliothèque et Archives Canada montre une station de taxis sur la rue York où une voiture tirée par un cheval attend les clients.
Après 1930, l’époque des taxis tirés par des chevaux, sauf quelques exceptions, était bel et bien terminée. Pendant les années 1950, 1960 et 1970, il y avait ici et là dans la Basse-Ville plusieurs stations de taxis, notamment ceux de la compagnie Diamond Taxi.
La principale station de Diamond Taxi était au 257 de la rue Cumberland, entre les rues St Patrick et Guigues. Entre l’épicerie au coin de Guigues et une vieille maison au coin nord-est de St Patrick où se trouvaient les bureaux de Diamond (et la personne qui communiquait par radio avec les taxis), il y avait un grand terrain pour garer les taxis. On pouvait faire le plein des taxis car il y avait une pompe à essence.

En plus d’une petite station de taxi Diamond sur la rue Dalhousie entre St Patrick et Murray, il y en avait une autre sur la rue Parent près de Clarence. Depuis cette époque, il n’y a presque plus de stations de taxis dans la Basse-Ville car des compagnies de taxis n’existent plus ou elles ont été achetées par d’autres compagnies.
Il restent peu de traces du terrain et de la vieille maison de Diamond sur la rue Cumberland où on a construit un édifice à logement. Aujourd’hui, avec des taxis électriques ou hybrides, l’époque des hommes des cabriolets est très loin dans le passé.
