Par Michel Rossignol
Quatre ans après son décès, on parle encore de Maurice Lapointe. Comme l’a souligné un article dans le journal Le Droit le 4 juillet 2015, quelques jours après son décès, plusieurs personnes lui ont rendu hommage car il était « un grand » de l’Ontario français. Il était surtout « un grand » dans le monde de l’éducation, un visionnaire qui a laissé sa marque sur la Basse-Ville d’Ottawa et l’Ontario en général. Pour souligner l’importance de la carrière de Maurice Lapointe comme enseignant et le rôle important qu’il a joué dans la création d’écoles secondaires publiques de langue française en Ontario, l’Institut Canadien-français a officiellement publié un livre qu’il avait rédigé quelques années avant son décès.

En effet, le 22 septembre 2019, l’Institut situé sur la rue Dalhousie a lancé le livre 50 ans en francophonie ontarienne. Mémoires d’un éducateur. Dans le livre, Maurice Lapointe parle un peu de sa carrière dans les années 1960 comme enseignant et directeur à l’Académie De La Salle sur la promenade Sussex.
Cependant, il raconte surtout sa participation dans les discussions avec le gouvernement de l’Ontario qui ont mené à la mise sur pied des écoles secondaires publiques de langue française, y compris la construction de l’École secondaire publique De La Salle pour remplacer l’Académie et d’autres écoles de la région. D’ailleurs, il a lui-même assuré la transition en devenant le premier directeur de l’École secondaire publique De La Salle, de 1971 à 1979.
Il a continué à travailler dans le domaine de l’éducation comme professeur à l’Université d’Ottawa et a joué un rôle important dans l’établissement de La Cité collégiale qui a ouvert ses portes en 1990. Il a même participé dans les années 1980 aux premières discussions sur la création d’une université francophone en Ontario, un rêve qui devient petit à petit une réalité.
Maurice Lapointe était aussi un témoin de l’histoire de la Basse-Ville (voir aussi le livre de 2010 de Michel Gratton, Maurice Lapointe. Un enfant de la Basse-Ville d’Ottawa au cœur de l’éducation franco-ontarienne). Né en 1930, lui et sa famille ont connu, comme bien d’autres résidents de la Basse-Ville, des années difficiles pendant la Grande Dépression des années 1930. Élève doué, il a passé de la première à la huitième année à l’École Guigues en seulement six ans et a continué ses études à l’Académie De La Salle avant de devenir membre de la communauté des Frères des Écoles chrétiennes.
Après des études universitaires, il est revenu à la Basse-Ville comme enseignant, tout d’abord à l’École Brébeuf et ensuite à l’Académie De La Salle dans les années 1960. Il n’avait pas oublié les obstacles auxquels faisaient face dans les années 1930 et 1940 les jeunes francophones qui voulaient poursuivre leur éducation. Il a multiplié ses efforts pour aider les nouvelles générations à atteindre leurs buts. Pendant toute sa carrière d’enseignant et d’administrateur, même lorsqu’il travaillait loin d’Ottawa, il n’a jamais oublié qu’il était un enfant de la Basse-Ville. La Basse-Ville ne doit pas oublier qu’il était « un grand ».
