Par Thierry Harris
De plus en plus, les femmes marginalisées ont besoin d’appui sous forme d’écoute et de services compréhensifs afin de faire face à d’importants défis. Que ce soit la santé mentale, les effets de l’itinérance, l’isolement ou des femmes victimes de violence conjugale, les besoins ne font qu’augmenter au cours des dernières années.
« Ça a évolué. On trouve beaucoup plus de femmes qui vivent de grands problèmes de santé mentale. C’est davantage que juste de l’anxiété et de la dépression. C’est à un autre niveau, » rapporte Sophie-Claire Valiquette-Tessier, directrice générale du Centre Espoir Sophie.

Le Centre Espoir Sophie, situé sur la rue Murray, est l’unique halte d’accueil francophone pour les femmes marginalisées dans la région de la capitale nationale. Leur clientèle va souvent provenir de Vanier ou de plus près, tels que des résidents des Bergers de l’espoir. Aussi, de plus en plus de femmes immigrantes vont accéder aux services du Centre. L’âge moyen varie entre 40 et 50 ans, mais plusieurs femmes dans la vingtaine et même jusqu’à l’âge de 80 ans utilisent les services.
« Notre mission est d’accepter ces femmes là où elles se trouvent, comme elle se trouvent, dans leur rythme. Ce qui est un peu notre chapeau féministe ici, » dit Valiquette-Tessier.
Le Centre offre des services qui répondent aux besoins primaires, ainsi qu’au développement personnel d’autonomisation de la clientèle. Les services comprennent une banque alimentaire, des articles vestimentaires, ainsi qu’un repas communautaire partagé entre au moins 30 et jusqu’à 75 femmes.
« Elles peuvent venir sur place pour briser leur isolement, rencontrer d’autres gens, obtenir un service d’aiguillage et d’accompagnement. Des gens qui peuvent prêter une écoute, un soutien émotif, une aide à remplir la documentation, à régler des problèmes avec la régie du logement et aussi, les accompagner aux tribunaux, » raconte Valiquette-Tessier.
Le Centre Espoir Sophie, fondé en 1997 et incorporé en 2000, travaille en étroite collaboration avec d’autres organismes et entreprises du quartier. En plus du financement en provenance de la Ville d’Ottawa, le Centre reçoit des dons d’organismes et d’individus de la communauté.
L’organisme travaille avec cinq à quinze bénévoles par année, souvent issus du Service d’Apprentissage Expérientiel de l’Université d’Ottawa.
Leur local, offert par la Société Saint-Vincent de Paul, accepte aussi des dons de biens dont des vêtements, des objets hygiéniques ainsi que des denrées alimentaires. Deux fois par semaine, la Mission d’Ottawa leur livre des repas préparés. Leur événement de levée de fonds annuel se tient chez leurs voisins au Centre Montfort Renaissance.
Les défis restent nombreux. L’organisme dépend de l’appui de champions communautaires, tels que l’ancienne députée et ministre provinciale Madeleine Meilleur et la femme d’affaires Claire Lauzon.
« C’est très important de tisser des liens et de travailler en partenariat avec d’autres organismes. On est chanceux d’avoir des gens qui croient dans la cause. On est une petite communauté, mais solide ensemble, » dit Valiquette-Tessier.
« La pauvreté ça n’a pas d’âge, pas d’ethnie. Les femmes sont plus à risque de vivre la précarité, que ce soit la précarité d’emploi et au niveau de leurs relations. Notre objectif c’est d’être en mesure d’enlever le voile sur ces femmes-là, le voile où on les met dans un coin dans notre société. La voix des femmes est au cœur de nos actions, » résume Valiquette-Tessier.
Informations additionnelles :
Site web : https://centreespoirsophie.org/
Événement à venir : Salon de Thé, Centre Montfort Renaissance, 24 Novembre.
Info. : https://www.eventbrite.ca/e/3e-edition-du-salon-de-the-du-cercle-des-sophie-tickets-73821816039
