Par Michel Rossignol
En 2019, le célèbre artiste peintre Paul Gauguin passera de nouveau l’été dans la Basse-Ville d’Ottawa au Musée des beaux-arts du Canada. L’année dernière, une dizaine de ses toiles faisaient partie de l’exposition Trésors impressionnistes composée d’œuvres de la Collection Ordrupgaard du Danemark. Cette année, du 24 mai au 8 septembre, on pourra voir une cinquantaine d’œuvres de Gauguin, mais pas n’importe lesquelles. En effet, pour la première fois, une exposition sera entièrement consacrée à ses portraits, y compris quelques autoportraits.
Pendant sa vie, Gauguin était une personne très controversée et plus d’un siècle après sa mort en 1903, il l’est encore. Il adorait ses enfants, mais a abandonné sa famille pour se consacrer à son art. Il s’est brouillé avec presque tous les artistes avec lesquels il avait établi des liens d’amitié, sa dispute avec Vincent Van Gogh étant une des plus célèbres de l’histoire de l’art. Il voulait représenter la vérité des peuples à travers le monde, mais n’a pas toujours évité les préjugés des Européens envers ceux-ci.
D’ailleurs, Gauguin savait comment attirer l’attention des collectionneurs européens et aimait se servir de la couleur rouge et d’autres couleurs vives comme le jaune. Il a développé un style bien à lui qui l’a aidé à se démarquer des autres artistes de son temps. Ses voyages lui ont permis d’avoir une autre vision du monde car, contrairement à la plupart des artistes de son époque qui ont peu voyagé à l’extérieur de l’Europe, Gauguin a fait le tour du monde. Il a vécu des mois sinon des années au Pérou, au Danemark, au Panama, à l’île de la Martinique et, bien sûr, à Tahiti.
Les quelques toiles de Gauguin dans l’exposition Trésors impressionnistes de l’année dernière illustraient les différentes parties du monde qu’il a visitées ainsi que ses talents de paysagiste et portraitiste. La nouvelle exposition consacrée à ses portraits donnera sans doute une meilleure idée de l’évolution de son style comme portraitiste. Il savait comment représenter les sentiments des personnes qui ont posé pour ses portraits, y compris lui-même. D’ailleurs, il était un homme troublé qui a connu la misère et ses portraits reflètent ceci car ils présentent rarement des personnes avec un sourire. Sa toile nommée Faaturuma (Mélancolie/Melancholic) de 1891, qui montre une femme mélancolique ou boudeuse en robe rouge, avait attiré les regards de nombreux visiteurs lors de l’exposition De Van Gogh à Kandinsky présentée au Musée des beaux-arts de Montréal à l’automne 2014. Cette toile est sans doute un des chefs-d’œuvre à voir cet été lors de l’exposition Gauguin, Portraits.
