Par le Centre de ressources communautaires de la Basse-Ville
En début d’après-midi d’une journée ensoleillé d’automne, des gens en conversation animée sont rassemblés dans le cul-de-sac de la rue Murray, là où elle aboutit un peu à l’est de l’Avenue King-Edward.

À quelques pas d’eux, sur un petit carré de pelouse à côté du mur anti-bruit longeant la rue Saint-Patrick, dort un homme sans abri sous un tas de couvertures. Du bord sud de la rue, se trouve un édifice à briques beiges sur le terrain angulaire à côté d’une maison centenaire de deux étages sous rénovation. L‘un des participants à la conversation, Gordon, est propriétaire d’une petite compagnie de construction. Il a acheté la maison et depuis lors, investit temps et argent pour lui donner une nouvelle vie. Les autres participants sont Sandra, Ifrah, Ruweida, « David », Aicha (tous résidents de la Basse-Ville), le Constable Martin Riopelle du Service de police d’Ottawa, ainsi qu’Aysha Farouk et Anabelle Gisanza, employés du Centre de ressources communautaires de la Basse-Ville. Ils font tous partie d’un projet pilote spécial, intitulé SafeGrowth, qui voit le jour pour la toute première fois en Ontario.
Comme le décrit le constable Riopelle, SafeGrowth offre une structure pour que «les gens de la communauté puissent se réunir dans le but d’identifier des emplacements problématiques et d’en venir à une solution. Ensuite, en collaboration avec les autorités policières, des commerçants locaux et d’autres parties intéressées, ils développent un plan de prévention du crime et des stratégies préventives. » Cet effort est coordonné par le Service de police d’Ottawa par le biais d’une subvention du Ministère de la Sécurité communautaire et des services correctionnels. Selon Riopelle, « Le rôle typique de la police, c’est de répondre à un appel ou à une plainte. Mais, cette approche nous permet de travailler autrement avec des résidents dans une optique de prévention. »
Le petit recoin de la Basse-Ville où est réuni le groupe a été identifié par les participants comme étant un « point chaud ». Sandra explique que « Nous l’avons choisi pour des raisons de manque de sécurité…des gens y dorment, on y trouve régulièrement des aiguilles usagées et il y a eu des incidents violents. » Les résidents vivant autour indiquent qu’ils ne se sentent pas en sécurité d’y passer à pied. On a rapporté une concentration de vols de vélos et d’autres objets dans les cours de maison, des introductions par effraction dans des véhicules et de la violence.
Une telle initiative oblige aux participants de composer avec des complexités sociales et philosophiques. Il y a plusieurs enjeux sous-jacents dont le sentiment de la part des résidents de vivre en milieu sécuritaire, le sans-abrisme, la toxicomanie, la valeur des propriétés, et le respect des droits de tous les citoyens incluant ceux qui sont marginalisés. Il y a également une panoplie d’opinions sur comment s’y prendre. Où se trouve l’intersection entre la responsabilité personnelle et la responsabilité sociétale? Jusqu’où s’étend le mandat d’un organisme qui vient en aide aux personnes itinérantes? Les résidents ressentent à la fois frustration, colère et tristesse. David raconte que plusieurs « ont exprimé des sentiments de compassion » pour ceux qui vivent dans la rue. Dit Ruweida, “Il est triste qu’ils aient nulle part où aller.”
Les membres du groupe vont de l’avant avec leur travail tout en réfléchissant à ces enjeux. Ils visitent le site à de différentes heures et jours afin de faire des observations, ils cognent aux portes avoisinantes pour parler aux résidents et ils formulent leur plan. Les solutions mises de l’avant pourraient inclure des mesures telles que faire croître la fréquence d’inspections des résidents et de patrouilles policières, travailler avec des refuges pour personnes sans abri et revendiquer des améliorations à l’espace physique (éclairage, lignes de visibilité, élimination de recoins et cachettes). Le groupe ainsi que deux autres ont présenté leurs conclusions et recommandations le vendredi 9 novembre au Pavillon du Parc Jules-Morin.
L’implication du Centre de ressources communautaires de la Basse-Ville dans le projet SafeGrowth fait partie de son mandat de développement communautaire et d‘approche. Nos services et programmes tels que les activités parascolaires et la banque alimentaire joue un rôle central mais il nous est tout aussi important d’être branché aux préoccupations des résidents et de les appuyer dans la création d’un quartier plus sécuritaire et plus vivant. Une autre façon de ce faire est par le biais de Basse-Ville notre chez-nous (BVNCN), une initiative collaborative qui œuvre à rendre la Basse-Ville Est un quartier plus sécuritaire, plus accueillant et plus inclusif. Le Centre s’occupe du rôle de coordination de BVNCN en rassemblant des résidents et des organismes locaux à travailler en concertation sur les enjeux reliés au crime et à la sécurité dans le quartier. Pour en savoir davantage ou pour vous y impliquer, veuillez communiquer avec Aysha Farouk, afarouk@crcbv.ca, 613-789-3930.
Centre de ressources communautaires de la Basse-Ville : http://www.crcbv.ca/fr
SafeGrowth: www.safegrowth.org/
