2018 9-5 Nov Heritage

Joie et tristesse : la Basse-Ville en 1918

Par Michel Rossignol

Il y a un siècle, l’Armistice du 11 novembre 1918 a mis fin aux combats de la Première Guerre mondiale. Il y a eu quelques manifestations de joie ici et là à travers Ottawa après l’annonce de l’Armistice, mais il y avait aussi beaucoup de tristesse dans la Basse-Ville et d’autres quartiers de la ville.

La rue George dans le Marché By en juillet 1918, quelques semaines avant la deuxième vague de l’épidémie de la grippe espagnole qui a fait de nombreuses victimes dans la Basse-Ville.
Photographe : Williams James Topley. Bibliothèque et Archives Canada, MIKAN 3318780.

La guerre a bien sûr été une des principales causes de cette tristesse car même si les champs de batailles étaient en Europe, la Basse-Ville n’a pas échappé aux peines et sacrifices qui ont marqué le conflit. Plusieurs résidents du quartier sont partis au front et l’annonce de l’Armistice a donné espoir aux familles car elles pouvaient enfin espérer le retour d’Europe d’un père, d’un mari, d’un fils ou d’une fille (plusieurs infirmières canadiennes ont soigné les blessés près des champs de batailles). Certaines familles ont eu la joie de voir leurs proches arriver à Ottawa quelques jours après le 11 novembre. Par exemple, comme en témoigne une liste publiée dans le Ottawa Citizen, plusieurs des soldats qui sont arrivés le 2 décembre 1918 demeuraient sur Clarence, Cobourg et d’autres rues de la Basse-Ville. Cependant, le même jour, la liste officielle de soldats morts ou blessés a confirmé le décès de quelques soldats, dont un de la rue Cumberland.

Si la Basse-Ville a été marquée par la guerre, elle a aussi été surtout durement éprouvée par l’épidémie de la grippe espagnole qui a frappé le monde en 1918. Plusieurs citoyens d’Ottawa sont tombés malades lors de la première vague de grippe au printemps de 1918, mais la deuxième vague de la fin de septembre jusqu’au début novembre a été meurtrière car parmi les milliers de personnes qui sont tombées malades dans cette ville, plus de 500 sont décédés. Plus de vingt millions de personnes sont mortes à travers le monde lors de cette épidémie, y compris plus de 50 000 citoyens Canadiens. En quelques mois, l’épidémie a tué à peu près le même nombre de Canadiens que le nombre de soldats canadiens, environ 60 000, tués au combat entre 1914 et 1918. À Ottawa, on a remarqué que ce sont surtout les quartiers ouvriers autour des gares de train qui ont été le plus durement éprouvés, notamment ceux autour de la gare de la rue McTaggart (aujourd’hui la route parallèle à la rue Boteler qui relie le pont Macdonald-Cartier à l’avenue King Edward). En effet, de tous les quartiers d’Ottawa, c’est dans la Basse-Ville qu’il y a eu le plus de morts à cause de la grippe espagnole. Donc, malgré la fin de la guerre, 1918 a été une année triste pour la Basse-Ville.