2018 9-3 Jun Around the Neighbourhood Youth

École Sainte-Anne: Une école communautaire

By Patricia Balcom

Un mercredi ensoleillé j’ai rencontré Mapole Abemba, Marthe Nault et Jo-Anne Lalonde à École élémentaire catholique Sainte-Anne.  J’ai passé par des couloirs pleins de lumière et de dessins colorés et monté au troisième étage où nous nous sommes assis dans un petit bureau dans la bibliothèque.   J’ai commencé l’entrevue avec la question « Quelles sont les premières langues de vos élèves? »

« Pour répondre à cette question je dirais que l’École Sainte-Anne est multiculturelle » 

Au moins 80/186 des élèves à l’école sont des nouveaux arrivants. Leurs langues premières sont diverses.  Selon M. Abemba, parmi les pays africains il y a des étudiants qui parlent kirundi, kinyarwanda, swahili et lingala, et les nombreuses langues de la Côte d’Ivoire et du Cameroun. Il y a aussi des Haïtiens qui parlent le créole, mais la majorité parlent également le français. Il y a des élèves qui viennent de la Russie, du Mexique, du Liban et de la Syrie, et  des anglophones qui sont venus des autres provinces.  Leurs parents parlent français et ils veulent que leurs enfants apprennent le français. 

« Je suis un pont entre l’école et la famille »

Nous explique Mapole Abemba, le travailleur d’établissement (TE) à l’École Sainte-Anne.  Le processus pour accueillir les élèves commence avec l’inscription.   La secrétaire et la direction inscrivent les familles dans l’école de leur quartier.  Une fois la famille inscrite, le TE s’en occupe d’eux pour faciliter leur intégration.  Après avoir fait l’évaluation des besoins il aide la famille à se connecter aux différentes ressources dans la communauté.  M. Abemba affirme que le système est tellement complexe que « si les familles n’ont pas une personne pour les encadrer et les accompagner, [pour] faciliter leur intégration, ça peut devenir un petit enfer parfois. » 

Mur en face du bureau de direction à L’École Sainte-Anne:
Photo by Patricia Balcom

Mme Lalonde ajoute le rôle du TE est très important : Ces gens-là nous aident énormément.  Sans eux ça ne fonctionnerait pas. ».

« Alors ça dépend de l’éducation qu’ils ont reçue dans leur pays. »

Il y a deux programmes offerts aux nouveaux arrivants.  Pour ceux qui ont suivi leurs études en français dans leur pays d’origine mais pour certaines raisons ne peuvent pas suivre le programme régulier, l’école offre le curriculum  PANA (Programme d’appui aux nouveaux arrivants).  Il y a également le programme d’actualisation linguistique en français (ALF) pour les élèves dont la langue du foyer n’est pas le français et qui ont peu de connaissance du français.

En ce qui concerne le classement des nouvelles et nouveaux élèves, Mme Marthe Nault, qui s’occupe de PANA et ALF pour les élèves de 4e à 6e année à l’École Sainte-Anne, explique qu’il y a des enseignants itinérants qui évaluent les enfants en lecture et en mathématiques lorsqu’ils arrivent. (Mme Lalonde est actuellement une de ces évaluatrices.) Parfois il y a des élèves qui n’ont pas eu beaucoup d’instruction dans leur pays et il faut les mettre à niveau, mais ce n’est pas toujours le cas.  Mme Nault raconte : « aujourd’hui j’ai reçu deux élèves du Burundi qui en mathématique et en français sont au-delà des attentes. »  Elle explique que pour les élèves qui suivent le curriculum PANA le conseil scolaire reçoit une subvention du Ministère d’Éducation pendant quatre ans pour qu’ils puissent atteindre le niveau de compétence approprié. Pour les enfants qui arrivent à l’école sans pouvoir parler le français et qui suivent le programme ALF, le conseil scolaire reçoit une subvention pendant sept ans. 

Les services offerts aux élèves et leurs familles n’arrêtent pas avec les services scolaires et les services du TE.  Il y a une friperie qui offre des vêtements.  Une fois par mois il y a un souper à pizza gratuit pour les enfants et leurs familles.   Une bénévole offre le petit déjeuner à l’école à tous les matins ou les enfants peuvent prendre du jus, des fruits, les céréales, du lait et même des crêpes.

Les élèves sont un atout à l’école parce que « on voyage sans même prendre l’avion ».

Mme Nault explique que les enfants racontent leurs histoires et leurs expériences dans leur pays.  Non seulement les autres enfants mais aussi les enseignants apprennent beaucoup.  Le mois des noirs  est célébré à l’école de façon « grandiose »,  avec des spectacles de la danse des pays des élèves.  Les enfants vont dans les foyers pour les personnes âgées et ils leur font des cartes.  M. Abemba constate : « Comme les enfants viennent de différents pays qui amènent différentes idées et différentes connaissances je pense que ça enrichit aussi pas seulement l’école, pas seulement la communauté je pense que la société canadienne globalement. »

 « On appelle l’école la porte tournante »

dit Mme Nault, «  parce que les familles arrivent, ils restent deux mois, ils trouvent un logement dans un autre endroit. Donc ils nous quittent. Les enfants ont beaucoup de peine de nous quitter. » Mme Lalonde, qui a enseigné à l’École Samuel-Genest avant de prendre sa retraite, ajoute : « Ils ont eu leur premier attachement à l’école. On leur a tellement donné, offert, que ces enfants se sont attachés, puis nous aussi nous sommes attachés. »  Mme Nault explique que dans la classe de 1ere année neuf 9 étudiants sont partis pendant l’année et neuf nouveaux élèves sont arrivés.  « Alors vous voyez que c’est vraiment une rotation continuelle. » elle conclut.

Je laisse le dernier mot à M. Abemba.  « École Sainte Anne, c’est une école communautaire.  Il y a beaucoup de programmes qui encadrent la communauté.  J’apprécie beaucoup le travail d’`équipe, la direction, le personnel, une bonne organisation.  Et les enfants sont vraiment contents. »